On se fait une mousse avec le Guérillous ?

C'est devenu assez rare, mais je me fends cette fois d'un billet consacré à ma pratique perso. Cela faisait longtemps que je n'avais pas passé deux journées pleines avec la légende Chartrousino-tarentaisesque Yannick "Guérillous" Guérillot. Le plus célèbre calvitiant de Courchevel est réputé pour ses bras comme mes cuisses et ses cuisses comme mon orgueil. Bref, un athlète. 

Des journées en couenne autour de Grenoble avec le bougre, en quinze ans, il y en a eu un petit paquet, un stage maison sur le poudingue de Mont Dauph' il y a cinq ou sept ans aussi, mais une grande voie marquante, jamais. 

Un oubli que nous avons pris le temps de combler. Peu en forme pour de la couenne aux portes du huitième degré selon ses dires, le Guérillous me propose à la place une "balade" en Vercors, dans une grande cheminée visible de loin et de partout mais pourtant (pratiquement) jamais visitée... Une "rando verticale" selon maître Yannick pour poser quelques coinceurs et échanger diverses conneries au cours d'une journée tranquille de plein air. 

Evidemment, l'itinéraire choisi par l'un des auteurs de la nouvelle bible de l'escalade en Chartreuse est loin d'être un classique: un truc pour ainsi dire jamais repris depuis presque 40 ans, vétuste, et pour lequel nous ne disposons d'aucune info. Au final, un itinéraire très sérieux, bien plus que ce que nous avions prévu, et n'ayons pas peur de le dire, dangereux. Face à mon envie de me barrer de ce piège, le mental et la motivation Guérillesques nous embarquent définitivement dans les entrailles de la bête. Point de non retour.

La suite ? Une journée usante psychologiquement et physiquement. 280m de caillou pourri (ah, on me signale dans l'oreillette que les 15 derniers mètres sont potables, je le concède), 3 pitons (dont 2 moisis) en tout et pour tout, de l'eau qui coule sur les parois, de la mousse partout, une fissure vorace ininterrompue recouverte d'un tapis vert fluo s'arrachant quand on renfougne, un leader forcément engagé, un second constamment exposé aux chutes de blocs, deux grimpeurs mouillés par cette fente dégoulinante ou la chute est quasi interdite devant comme derrière.

Bref, on a fini la journée tard autour d'une bonne pizz' salvatrice, le dos roué de griffures, les bras rapés, les genous frottés, les pantalons troués, les t-shirts à jeter, les chaussons à brûler, les sacs à dos défoncés et alourdis de boue séchée. Ceux qui connaissent Yannick et ses goûts vestimentaires ne verront là rien de choquant, et trouveront même un début d'explication à la composition de sa garde-robe de grimpeur ! 

Le lendemain ? De la couenne plaisir sous les averses, sur du caillou moyen mais blindé de gougeons de 12 rutilants: repos du cerveau mais les muscles et les articulations crient encore misère suite au mauvais traitement infligé la veille. Encore un souvenir qu'on n'oubliera pas de si tôt, et dont nos carcasses meurtries garderont les stigmates une dizaine de jours...

Merci encore Yannick pour ces journées dont tu as le secret, et à bientôt !

Une ligne d'une grande pureté
Le L fait encore le malin: ça ne va pas durer :)
Ca a l'air crade hein ? Rassurez-vous, en vrai c'est pire !
Au loin, la chaleur d'un beau mois de juin. Ici ? L'enfer moite d'une cheminée gluante
Contre jour abo: le thème du jour pour nos yeux, le soir, on voyait tout trouble
Un style de grimpe que Tita Piaz ou Angelo Dibona auraient eux-même trouvé "old school", c'est dire...
Oui, c'est vert, et c'est sale. Mais ça a du caractère...
Escalade ? Canyon ? Bien malin qui pourrait le dire...
Le Guérillous, comme un poisson dans l'eau !
Oui je grimpe avec mes coudes...
Une ligne d'enfer !
Oui, c'est bien un ancien proto d'il y a 10 piges ! La "Yannick touch", le bougre soigne sa légende !

3 commentaires:

  1. Ca fait rêver cette escalade ! Par contre, la pizz' et la bière, je prends...

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  2. bein ça me rappelle ma jeunesse pleine de traquenards avec yannick
    pour la garde-robe, je savais déjà pourquoi elle est comme ça
    j'ai bien ri (en + qu'il voulait m'y emmener y a trois semaine, l'animal, en souvenir du bon vieux temps...)
    tchuss

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