Pilier Martin et traversée des arêtes du Gerbier: un bijou automnal

Pour clôturer les 15j d'escalade majoritairement Corse avec Nathalie, nous nous offrons une autre petite "course d'application" où Nath gère une partie de la journée. Objectif: pilier Martin sur la face W du Gerbier, une petite course que je n'ai jamais eu l'occasion de cocher. Nous poursuivrons par la fin de la traversée des arêtes, que l'intéressée connaît également pour y avoir subi un orage mémorable en compagnie de votre serviteur (on s'était fait tremper jusqu'à l'os une fois en bas du petit rappel et jusqu'à la voiture).

Au final, une belle petite journée totalement seuls dans cette contrée sauvage, illuminés par les couleurs folles des arbres en cette superbe arrière saison. Chouette petit itinéraire sans difficulté technique majeure mais au final assez complet (orientation, escalade, encordement court sur les arêtes, rappel, etc...). A découvrir ou redécouvrir !

Pas de difficulté, ça fait tranquille en baskets, mais l'ambiance, le paysage, et le caillou sont de grande qualité
Sommet de la combe Charbonnière, la vue se dégage sur la barrière découpée... Ah le Vercors !
L0/L1 j'hésite encore, mais on s'encorde déjà
Le L fonctionne en mode "dégradé" avec son épaule et son coude abîmés... Qu'il est loin l'automne 2016 où les 7c ne résistaient pas face à "Arkator" :) ...
Sommet du pilier, on va rejoindre les arêtes
Parcours archi-connu, mais toujours aussi plaisant, entre ciel et terre
Nath au sommet, avec de la vue cette fois !
Le Vercors sauvage...
En redescendant vers les Clots, le pilier Martin a fière allure vu d'ici
Le versant W du Gerbier, le pilier Martin borde le gros bloc individualisé le plus à gauche
Magie automnale !
Ca pète ! Ca en fait presque mal aux yeux ;)

Une ouverture pour la fermeture

L'automne est définitivement là sur Bavella, la doudoune se porte matin et soir, et ça grimpe en polaire... Le stage de Nathalie se poursuit avec de l'escalade tous les jours, qu'elle soit sportive en couenne, en grandes voies équipées ou "trad", toute la panoplie est passée au crible !

Si les aquarelles de Jean-Louis Fenouil sont superbes dans le topo du massif qu'il co-signe avec mon ami Jean-Paul Quilici, elles manquent parfois de précision pour localiser les voies dans les micro-massifs complexes... Partis pour l'une des voies à droite d' "Autoroute directe" sur la Punta Aragale, je finis, incapable de déterminer l'attaque précise de ces dernières, par me laisser porter par l'inspiration du moment pour naviguer au mieux dans cette partie de la face. Une variante à tout le moins, peut-être une ouverture sans prétention ni grand intérêt, si ce n'est celui de vivre une belle petite aventure avec ma cliente !

La face N de la Punta Aragale. Ca a de la gueule non ?
De beaux petits pas grimpants dans les tafoni...
Grimpe 3D, un régal !
A la recherche des difficultés dans un rocher très sculpté
Un peu de gaz
Des friends, une compagne de cordée enthousiaste, un fut' Kosovar Domyos, what else ?
Le "crux", une longueur en diagonale qui traverse le grand couloir. Du 5+ qui protège pas mal
Nath, après la traversée, s'attaque au mur raide et à son petit réta lichéneux
De la belle escalade
Sur la large vire à 30m sous le sommet
La dernière longueur
Summit ! Au loin, ça se couvre déjà


Descente mêlant désescalade et 10m de rappel pour rejoindre le col entre Punta Ciaccianu et Punta Aragale
Descente du couloir séparant les deux montagnes, très raide et végétatif. Désescalade puis 2 rappels de 25 et 20m qui déposent sur le sentier d'accès.
Petit topo juste pour se faire un souvenir
Quatre mouflons superbes au petit matin, beau cadeau ! Le coin est sauvage...
Les dalles à friction du début de "Torre", à droite, le pilier de "Conquistador", gravi l'an passé
Nath sur le rocher rouge de la Punta Arghjavara, dans "Torre di l'Alba", L1
Le L dans la superbe longueur terminale "Torre di l'Alba", un 6b physique et technique qui fait la part belle à la souplesse :) Superbe !
A la descente, nous croisons Helmut Schmidt, professeur-guide Allemand, quelle coïncidence ! Après cette matinée, retour en couenne pour que Nath torche un de ses projets locaux ! 

Rendre un hommage à la Reine...

Cela faisait 14 longues années que je n'avais pas rendu visite à la Paglia Orba, la Reine des montagnes Corses. Depuis 3 ans, je promets d'emmener Nathalie visiter ce superbe sommet, en gravissant l'impressionnante face Nord-Est. Cette fois-ci, c'est la bonne, la météo est avec nous, et grâce aux bons conseils du collègue et ami Cédric Specia, nous sommes parés et bien light: micro-sac et corde de 30m, de quoi prendre du plaisir sans châler des chargements immenses comme l'intégralité des randonneurs du GR20 que nous croiserons au retour...

La course s'effectuera depuis Zonza en aller-retour, ce qui constitue en soi une performance (De fatigue inutile ? De non intelligence ? De conduite ? A vous de choisir !)...

Nous gravirons la voie "Finch", un itinéraire audacieux, chargé d'Histoire, et tout à fait d'actualité pour ce qui est une voie d'alpinisme complète si, comme les premiers ascensionnistes, nous gravissons l'intégralité de la face Nord-Est. En avril (!) 1909, il fallait le faire ! Aujourd'hui, sur un caillou sec et avec du matos moderne, ne reste que le grand plaisir de grimper dans cette face immense et l'admiration pour ces pionniers venus ici s'entraîner avant de grandes réalisations himalayennes !

Flamboyante Paglia ! Entre objets solaires, on se comprend ! :)
Levé à 3h15, départ à 3h30, nous décollons de la fin de la route goudronnée après Calasima à 6h30 après une tentative infructueuse d'aller plus loin sur la piste avec la Skoda de Nathalie. La perspective d'une heure de marche supplémentaire le matin et le soir n'entament pas la bonne humeur de votre serviteur !
Le jour se lève, l'éclairage rouge feu se mue en doré. Un spectacle indéfinissable. D'ici, on voit tout l'itinéraire, de la sortie de la forêt (lac de la Paglia Orba) jusqu'au sommet, 1000m au total dont 500 comportant des difficultés (fin du socle + voie)
La Reine se regarde dans le miroir du lac de la Paglia Orba. Majestueux.
Le socle se raidit et s'avère bien complexe, en termes de navigation et de dangers objectifs. Pour moi, le crux de la course, c'est là !
On sort la corde dans le socle. Ai-je optimisé le tracé dans ce bouclier immense ? Probablement pas totalement mais ça passe un peu partout en étant concentré
Nath tout près de l'attaque
Ca y est, on est dedans. On se sent bien mieux protégés que dans le grand socle ! La rhyolite est d'excellente facture et les protections se posent facilement. Le matos ? 30m d'attache, un jeu de Camalots du 0,3 au 3, 3 sangles buste double, 4 dégaines.
Vue imprenable sur les Cinque Frati, le lac de Calacuccia, et ma Castagniccia adorée ! 
Le Cintu est peut-être le plus haut mais ce n'est pas le plus grand, ni le plus beau !
Nathalie se régale dans le "S" sous la vire Finch
Un premier "crux" pour arriver à la vire. Tout fait en baskets mais il faut avoir un peu de marge pour négocier quelques petits pas plus coriaces...
Au dessus de nos têtes, la Paglia en impose...
Nath sur la célèbre vire Finch, élément clé de l'itinéraire qui permet de garder des cotations abordables dans une face d'une telle raideur
Ombre et lumière sur la vire...
Nathalie en termine avec le petit mur raide, crux de l'arête S une fois dépassée la brèche des Anglais. Superbe escalade
Dernière longueur grimpante de l'arête S, une belle cheminée suivie de quelques mouvements sur des tafoni
Sommet ! L'heure des sandwiches au clakos et de la contemplation !
Heureux d'être là, tout simplement !
Le Tafunatu, autre montagne mythique du coin
Descente à pied et sans corde par les cheminées d'hiver, itinéraire astucieux et rapide pour regagner le col de Foggiale... Pied alpin recommandé cependant
I Cinque Frati, a prossima volta...
Après de longues heures à marcher et grimper dans des baskets ajustées, imaginez le plaisir !
Vasques superbes à proximité des ruines des bergeries de Prugnoli... Je me fais la promesse d'y emmener un jour mes enfants
Sur les conseils du local de l'étape, Laurent Acquaviva, brochettes de poulet mariné et frites maison à la Brasserie de Calacuccia. Merci au patron pour la tournée de myrte et de clémentine avant de reprendre la route :)